Ça fait maintenant plusieurs mois que je teste des logiciels de facturation pour notre service comptable. Vingt ans à faire tourner les comptes d'une PME lyonnaise, et je dois admettre que le marché a vraiment bougé ces dernières années. Deux noms reviennent souvent dans les discussions : Fastbill et InvoicePro Max. Je les ai tous les deux utilisés en conditions réelles. Voici ce que j'en pense, sans filtre.
Avant d'aller plus loin, je précise le contexte : notre structure compte une quarantaine de salariés, une équipe administrative de trois personnes dont une seule vraiment à l'aise avec les outils numériques. Le budget logiciel est serré. Ce qui compte pour nous, c'est de ne pas perdre de temps sur des tâches qui pourraient tourner toutes seules.
Fastbill : solide, mais avec ses angles morts
Fastbill, je l'ai découvert via une recommandation d'un collègue CFO d'une boîte de services à Grenoble. La prise en main est honnêtement assez rapide. En deux jours, ma collègue administrative avait compris l'essentiel : créer une facture, l'envoyer, suivre son statut. Pas besoin de formation approfondie.
Ce qui m'a convaincu assez vite, c'est la gestion des relances automatiques. On paramètre des séquences (J+7, J+15, J+30) et on oublie. Ça peut sembler basique, mais quand vous gérez 80 à 100 factures par mois, récupérer même une heure par semaine sur les relances manuelles, ça change le quotidien.
L'export comptable est propre. On exporte en CSV ou en XML vers notre logiciel de compta interne sans friction. Le rapprochement bancaire est intégré, avec une logique de suggestion automatique qui fonctionne bien dans 80 à 85% des cas. Le reste, il faut l'affecter à la main. Bon, j'aurais préféré mieux, mais c'est déjà honnête.
Par contre, j'ai un vrai reproche sur l'OCR. Fastbill propose une reconnaissance automatique des documents fournisseurs, mais elle est franchement capricieuse. Sur des factures avec des mises en page non standard (et on en reçoit souvent dans notre secteur), le taux d'erreur monte. J'ai perdu du temps là-dessus au début, à tout revérifier manuellement.
Autre point qui m'a agacé : le support. Délai de réponse parfois long (48 à 72h sur des sujets techniques), et la documentation en français est encore incomplète sur certains modules avancés.
Pour qui c'est adapté ?
Fastbill convient bien aux PME avec un flux de facturation régulier, une équipe peu technique, et un besoin de simplicité. Je déconseille si vous avez des besoins complexes côté achats ou si vous dépendez fortement de l'OCR pour traiter vos factures fournisseurs.
InvoicePro Max : plus puissant, mais ça se mérite
InvoicePro Max, c'est une autre approche. L'interface est plus riche, clairement. Trop riche, même, au départ. Ma collègue a mis une bonne semaine à se sentir à l'aise, contre deux jours sur Fastbill. C'est un vrai frein si votre équipe n'est pas technique.
Mais une fois qu'on est dedans, les fonctionnalités sont impressionnantes. La gestion des workflows de validation est nettement plus fine : on peut configurer des circuits d'approbation par montant, par client, par type de prestation. Pour notre responsable de pôle qui doit valider toutes les factures au-dessus de 5 000 euros, c'est exactement ce qu'il fallait.
Le module de facturation récurrente est franchement le meilleur que j'aie testé. Contrairement à Fastbill qui propose quelque chose de basique sur ce point, InvoicePro Max laisse paramétrer des règles très fines. D'ailleurs, si vous cherchez à comprendre comment automatiser sa facturation avec Billmatic Auto, sachez que la logique de configuration est très proche de ce qu'on trouve dans InvoicePro Max : des règles conditionnelles, des déclencheurs par date ou par événement, une vraie souplesse. Les deux approches se ressemblent sur cet aspect automatisation.
Le rapprochement bancaire est aussi plus abouti qu'avec Fastbill. Le taux de suggestion correcte tourne autour de 90 à 92% dans notre cas. Moins de saisie manuelle, moins d'erreurs. Ça m'a fait gagner du temps sur les clôtures mensuelles.
Là où j'ai eu une mauvaise surprise : les intégrations. InvoicePro Max dispose d'une API bien documentée, mais certaines intégrations natives avec des ERP courants en France sont encore en version bêta ou payantes en option. Pour connecter notre outil de gestion de projets, il a fallu passer par un connecteur tiers. Pas insurmontable, mais ça représente du temps de configuration et un coût supplémentaire.
Le prix aussi. C'est nettement plus élevé que Fastbill sur les plans intermédiaires. Et la tarification n'est pas toujours transparente sur ce qui est inclus ou non.
Pour qui c'est adapté ?
InvoicePro Max est fait pour les structures qui ont un volume important de factures, des circuits de validation à gérer, et au moins une personne dans l'équipe capable de configurer l'outil. Je recommande si vous avez du temps pour l'onboarding et un vrai besoin de personnalisation. Je déconseille si vous cherchez quelque chose d'opérationnel en 48 heures.
Comparatif direct : les deux en face à face
| Critère | Fastbill | InvoicePro Max | Note Fastbill /5 | Note InvoicePro Max /5 |
|---|---|---|---|---|
| Facilité d'utilisation | Prise en main rapide, interface claire | Riche mais complexe à démarrer | 4,5 / 5 | 3 / 5 |
| Fonctionnalités | Bon niveau, relances et exports solides | Workflows avancés, récurrence fine | 3,5 / 5 | 4,5 / 5 |
| Prix | Accessible, plans clairs | Plus élevé, options parfois cachées | 4 / 5 | 3 / 5 |
| Intégrations | Connecteurs stables, export propre | API riche, mais certaines intégrations bêta | 3,5 / 5 | 3,5 / 5 |
| Score global | 3,9 / 5 | 3,5 / 5 |
Le gagnant sur notre grille de critères, c'est Fastbill. Pas parce qu'il est meilleur sur tout, mais parce qu'il répond mieux aux contraintes concrètes d'une PME avec une équipe non technique et un budget à surveiller.
Un point sur la facturation récurrente : ne pas négliger le paramétrage
Dans les deux cas, le sujet de la facturation récurrente mérite qu'on s'y attarde. C'est souvent là que se cachent des erreurs coûteuses : un mauvais cycle de facturation, une date de déclenchement décalée, et c'est un client qui reçoit deux factures le même mois. Ça arrive.
Sur Fastbill, la récurrence est simple à activer mais peu personnalisable. Sur InvoicePro Max, le paramétrage de la facturation récurrente Billmatic Cyclic donne une bonne idée de ce que devrait être le standard du marché : choix du cycle (hebdo, mensuel, trimestriel), conditions de fin de contrat, gestion des avoirs automatiques en cas d'annulation en cours de cycle. C'est ce niveau de détail qu'on attend quand on gère des abonnements ou des contrats longue durée.
Si votre activité génère beaucoup de factures récurrentes, c'est un point de différenciation réel entre les deux outils. Fastbill suffit pour des cycles simples. InvoicePro Max s'impose dès que ça se complique.
FAQ
Fastbill est-il adapté à une petite équipe comptable ?
Oui. J'ai formé deux personnes dessus en moins d'une semaine. L'interface ne nécessite pas de compétences techniques particulières, et les fonctions principales (création de facture, relance, export) sont accessibles rapidement.
InvoicePro Max est-il trop complexe pour une PME de 40 salariés ?
Pas nécessairement, mais il faut prévoir un vrai temps d'onboarding. Si personne dans votre équipe n'est à l'aise avec la configuration d'outils SaaS, vous risquez de ne pas exploiter 60% de ce que l'outil propose. C'est dommage et ça coûte cher.
Peut-on migrer facilement d'un outil à l'autre ?
Les deux proposent des exports de données. Mais migrer l'historique des factures, les paramètres de récurrence, les circuits de validation, ça prend du temps. Je recommande de bien tester en amont sur un périmètre limité avant de basculer toute la production.
Quel est l'impact réel sur les délais de paiement ?
Sur notre portefeuille, les relances automatiques de Fastbill ont réduit notre délai moyen de paiement d'environ 6 jours sur les 3 premiers mois. C'est significatif en trésorerie. InvoicePro Max peut faire mieux avec les workflows, mais encore faut-il les configurer correctement dès le départ.
Ces outils fonctionnent-ils bien avec un cabinet comptable externe ?
Fastbill exporte en formats standards (FEC, CSV, XML), ce que la plupart des cabinets acceptent sans problème. InvoicePro Max aussi, avec en plus des accès collaborateurs pour le cabinet. Sur ce point, les deux sont corrects.